Aller au contenu

Annales de pomologie belge et étrangère/Poire Calebasse Tougard

La bibliothèque libre.



CALEBASSE TOUGARD (Bivort.)

Poire Calebasse Tougard.

(Bivort.)

(Spécimen récolté sur pyramide.)

Cette variété, provenant des semis de Van Mons, a produit pour la première fois en 1845, trois ans après la mort du savant professeur. Je l’ai prise sous mon patronage, ainsi que celles gagnées par la suite à Geest-Saint-Remy, afin de les distinguer des fruits dégustés et recommandés par leur premier auteur.

Elle a été dédiée à M. Tougard, président de la Société d’horticulture de la Seine-Inférieure, à Rouen, et membre correspondant de la Commission royale de Pomologie.

Le fruit est gros ou très-gros ; à son premier et son second rapport, il était généralement calebassiforme, maintenant il est presque toujours pyriforme pyramidal. L’épiderme, rude, vert-clair, est en grande partie couvert de gris de rouille, panaché de brun, et ne jaunit que bien peu à l’époque de la maturité. Le pédoncule, gros, ligneux, brun-verdâtre, long de 15 à 20 millimètres, est implanté à fleur du fruit ou dans une très-petite cavité. Le calice, petit, étoilé, est placé dans une cavité peu profonde et évasée ; ses divisions sont noires à l’intérieur et grises extérieurement. La chair est rosée, fine, fondante, demi-beurrée ; son eau est très-abondante, sucrée et d’un parfum très-agréable.

La Calebasse Tougard est un fruit de toute première qualité, dont la maturité a lieu vers la fin d’octobre et en novembre.

L’arbre, vigoureux et fertile, convient à la pyramide et au haut-vent. On peut le greffer sur coignassier comme sur franc, en ayant soin de lui mettre un bon tuteur, car il est sujet à se décoller pendant les deux premières années de greffe sur coignassier.

Ses branches à fruits sont longues, grêles, grises.

Les supports sont assez gros, fortement ridés et gris à leur base, renflés, brun verdâtre, ponctués de roux à leur sommet.

Le bouton à fleur est moyen, allongé, pointu, brun-clair lavé de gris cendré.

Les jeunes rameaux sont très-gros, très-longs, flexueux, striés et cotonneux.

L’épiderme, brun-rouge ou brun-violacé du côté du soleil, brun-verdâtre du côté de l’ombre, est ponctué de grosses lenticelles grises, rondes ou ovales.

Les gemmes sont triangulaires, pointus et apprimés au sommet du rameau ; les autres sont coniques, pointus, brun lavé de gris, tout à fait saillants, portés sur un fort renflement et sur des rudiments de lambourde.

Les mérithalles sont inégaux.

Les feuilles sont amples, ovales-allongées ou ovales-lancéolées pointues, d’un beau vert foncé, planes ou à bords légèrement relevés en gouttière et arquées dans ce cas ; leur serrature est large et régulière.

Le pétiole, long de 3 à 5 centimètres, est gros, canaliculé, vert jaunâtre.

Les stipules sont linéaires.

Alexandre Bivort.