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Page:Maupassant - Fort comme la mort, Ollendorff, 1903.djvu/307

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fort comme la mort

tesse, pour avoir le temps d’essuyer ses yeux rouges, lui répondit :

— J’ai un tout petit mot à écrire, mon enfant.
Remonte, et je te suis dans une seconde.

Jusqu’au soir, elle dut s’occuper de la grande question du trousseau.

La duchesse et son neveu dînaient chez les Guilleroy, en famille.

On venait de se mettre à table et on parlait encore de la représentation de la veille, quand le maître d’hôtel entra, apportant trois énormes bouquets.

Mme de Mortemain s’étonna :

— Mon Dieu, qu’est-ce que cela ?

Annette s’écria :

— Oh ! qu’ils sont beaux qui est-ce qui peut nous les envoyer ?

Sa mère répondit :

— Olivier Bertin, sans doute.

Depuis son départ, elle pensait à lui. Il lui avait paru si sombre, si tragique, elle voyait si clairement son malheur sans issue, elle ressentait si atrocement le contre-coup de cette douleur, elle l’aimait tant, si tendrement, si complètement, qu’elle avait le cœur écrasé sous des pressentiments lugubres.

Dans les trois bouquets, en effet, on trouva trois